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Conférences
22 oct. 2014
Orléans, FRAC

Architecture + Expérimentation est un cycle de conférences initié en 2012 par la Maison de l’Architecture du Centre et le Frac Centre.

La Maison de l’Architecture du Centre et le Frac Centre mutualisent avec le cycle Architecture + Expérimentation leur intérêt commun pour les projets d’architecture tournées vers la recherche.
Ce cycle s’appui sur des architectes de la collection du Frac Centre ou sur une actualité. Au-delà de l’architecture, se sont aussi l’urbanisme, le design, le paysage et la création artistique qui sont évoqués. Le public est ainsi invité à entendre la parole singulière de ces architectes, français ou étrangers, qui viennent parler de leur métier et de leurs passions et réalisations.

Dans ce cadre, la Maison de l’Architecture du Centre et les Turbulences – Frac Centre ont organisé en 2014 une conférence avec Marc Barani, architecte.

Marc Barani, après avoir étudié l’architecture et la scénographie à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille, d’où il est diplômé en 1983, il fonde son agence en 1989 à Nice avec Birgitte Fryland, scénographe. Il complète ensuite sa formation par des études d’anthropologie qui l’ont conduites entre 1991 et 1992 au Népal.
Il débute sa carrière d’architecte avec une commande publique: l’extension du cimetière de Saint-Pancrace, à Roquebrune-Cap-Martin, l’endroit où repose Le Corbusier, en 1990. Cette opération lui vaut une première reconnaissance internationale : le Premio Internazionale di Architettura Andrea Palladio en 1994. Son œuvre sera par la suite récompensée par le prix de l’Équerre d’argent du Moniteur pour la Gare des Tramways de Nice en 2008. En 2009, cette même réalisation lui permet d’être finaliste du Prix Mies van der Rohe (European Union Price for Contemporary Architecture). Cette série de prix et de récompenses est couronnée par le Grand Prix National de l'Architecture qui lui est décerné en 2013 - une récompense qui est remise tous les deux ans à un architecte «pour l’ensemble de son œuvre». La notion d’œuvre dépasse ici, en ce qui concerne le travail de Marc Barani, la simple collection de bâtiments ou de styles, mais se réfère à une réflexion qui voit plus loin qu’un édifice ou un usage et se nourrit notamment d’un travail transdisciplinaire qui constitue la philosophie fondamentale de l’agence. En effet, l’équipe de Barani est pluridisciplinaire et réunit, selon les projets, architectes, scénographes, designers, philosophes et paysagistes. Ceci permet à l’agence de travailler sur des projets de taille et de nature très différentes, comme des équipements publics, des équipements culturels, des logements, des infrastructures de transport, des ouvrages d'art.

Le panorama des projets et réalisations est ainsi très vaste : en 2005, l’agence a été appelée à réaliser, en plein cœur de Beyrouth, la tombe-mémorial de Rafic Hariri, suivie en 2007 par la réalisation de logements sociaux à Saint-Jacques de la Lande, en 2010, l’atelier construit un pont pour réunir l'île Seguin à Boulogne-Billancourt et en 2011, Marc Barani travaille sur la création d’un pôle d’échange pour le métro à Marseille.
Actuellement en cours de réalisation sont le palais des congrès Jean Prouvé de Nancy, les logements sociaux Les Moulins à Nice, l’auditorium – Institut de France à Paris, un pont sur le Rhin à Strasbourg, le Tribunal de Grande Instance d'Aix en Provence et notamment l’Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles (ENSP). Dans tous ces projets, la notion du patrimoine prend une ampleur toute particulière : Marc Barani aborde cette question par de multiples facettes qui lui permettent, pour chaque opération, de renouveler et de réactualiser son approche architecturale. La notion d’héritage ou de patrimoine se trouve ainsi intégrée dans son travail par une interprétation des références urbaines, ou morphologiques, par un souci d’insérer le projet dans un contexte donné, de rechercher des continuités historiques et culturelles, matérielles, immatérielle ou virtuelles.

Il explicite cette compréhension patrimoniale notamment dans le cadre de l’exposition «Patrimoine : héritage/hérésie», à l’Agora d’architecture de Bordeaux en 2012 pour laquelle il a été nommé commissaire. Pour cette biennale d’architecture de Bordeaux, il a placé au centre une réflexion sur la dimension de « l’ADN d’une ville » et sur  « le code génétique d’un territoire » comme préalable à toute intervention architecturale ou urbanistique.